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 Le BLUES

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Marie57
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MessageSujet: Le BLUES   Sam 5 Aoû 2006 - 19:05

Trouvé dans le petit livret accompagnant mon DVD « The soul of a man » de Wim Wenders, l’un des 7 films sur le Blues produit par Martin Scorsese. Si vous aimez le Blues, n’hésitez pas ! thumleft ).
J’ai trouvé tellement passionnante cette histoire du blues racontée dans ce livret, que j’avais envie de vous la retranscrire… Elle est écrite par Gérard Herzhaft : Auteur de la « Grande Encyclopédie du Blues ».

Le BLUES. Une musique centenaire.

Le Blues dont on fête le siècle tous les ans depuis plus d’une décennie tant sa date de naissance est incertaine, est en tout cas un centenaire qui a belle allure. Certes, il a perdu quelques-unes unes de ses dents, peut-être les plus acérées, celles qui lui ont permis de survivre dans un environnement extraordinairement difficile au fur et à mesure que celui-ci s’adoucissait et s’estompait. Mais justement parce que le Blues est né de la misère, de l’opposition, de l’injustice et qu’il s’est frayé un chemin, il a réussi à faire entendre sa voix bien au-delà du petit groupe auquel il s’adressait à l’origine, une bien étrange musique entre modes majeur et mineur, pleine de « blue notes » bouleversantes qui expriment l’essentiel de l’âme humaine. Grâce à cela, le Blues demeure présent encore aujourd’hui, référence de presque toutes les musiques occidentales, salué dans le monde entier pour sa puissance émotionnelle, source d’inspiration de musiciens de générations successives, de toutes races et de tous lieux.

Mais le Blues, est né dans le terreau sudiste post-esclavagiste. Misère, semi-famine, maladies, absence de sécurité, de structures d’éducation, crise économique endémique avec, comme seules échappatoires, l’émigration vers le Nord ou l’alcoolisme…Pour les Noirs, la situation était encore pire. La ségrégation mise en place dans les années 1870-80 et qui a duré jusque dans les années 60 avait pour but la suprématie blanche. Le Noir était presque toujours le métayer d’un grand planteur à qui il devait donner entre 85 et 95% de sa récolte. Brimades, injustices, mépris, violences fréquentes jusqu’à de très nombreux lynchages, expéditions punitives du Ku Klux Klan émaillent la vie quotidienne des Noirs. Comment, dans ces conditions, ne pas avoir le Blues ?

Le terme « blue » désigne en effet depuis toujours dans l’anglais populaire, à la fois un sentiment de vague à l’âme, de déprime, de tristesse accablée mais aussi l’histoire personnelle, l’aventure intérieure. Le Blues-chanson va être tout cela à la fois : la saga personnelle du chanteur noir confronté aux rudesses de la vue sudiste durant la ségrégation dans laquelle vont se reconnaître très vite les auditeurs noirs ruraux et sudistes.

Le Blues puise ses origines dans l’installation des plantations dans la vallée du Mississippi aux 17ème et 18ème siècles. Dans ce monde relativement clos une cohabitation forcée entre maîtres, contremaîtres, agriculteurs et ouvriers libres et main d’œuvre agricole et domestique servile produit une « civilisation » spécifique faite de la juxtaposition et de la confrontation de multiples cultures : colons espagnols et français qui ont parfois fait souche plus un nombre de plus en plus considérable d’esclaves noirs venus de toute l’Afrique au fur et à mesure que le 18ème siècle s’avance. Sans oublier les Peaux-rouges, Choctaws et Cherokees, qui constituent la population majoritaire de ces régions jusqu’au milieu du 19ème siècle et même la fin du 19ème siècle dans la région du Delta. Les Indiens accueillent toujours les esclaves noirs en fuite et les mariages mixtes sont considérables.

Le creuset musical sudiste engendre un faisceau de traditions orales, chantées et dansées, qui constitue la partie la plus riche et la plus durable de la musique Folk américaine. Avec la ségrégation imposée aux Noirs après la Guerre de Sécession, ceux-ci inventent une nouvelle forme de ballade qui puise largement dans les traditions des plantations, mais permet aux Noirs de prendre une parole que le système ségrégationniste leur refuse. Le Blues, ballade folk noire, est pratiquement toujours à la première personne du singulier et commente d’un œil ironique, sardonique, personnel et …noir, la vie quotidienne du Sud ségrégationniste.

Progressivement, le songster, sollicité par la communauté en mal de porte-parole remplace les Folk-songs, largement tirées et adoptées du fond commun anglo-irlandais, par des chansons de plus en plus personnelles qui reflètent le mal de vivre de l’ensemble de la communauté noire dans le Sud ségrégationniste. Le songster devient bluesman. Il répond à la situation créée par la ségrégation, la commente, la contourne avec humour, l’apprivoise, la rend presque supportable ! Les folk-songs racontaient les exploits de personnages mythiques auxquels les Noirs pouvaient s’identifier. En devenant bluesman, le songster noir dit « je », raconte sa vision des choses, ses sentiments. Ainsi, le troubadour noir issu des plantations qui chantait en les personnalisant les vieilles ballades issues des Iles Britanniques ou élaborées sur ce modèle en Amérique du Nord, devient un bluesman qui relate son histoire, son « blues » et est aussi érigé en porte -parole du vague à l’âme « Blues » de sa communauté.

Le Blues est probablement né à l’extrême fin du 19ème siècle dans la région dite du Delta, entre Mississippi et rivière Yazoo, au Sud de Memphis. Mais il n’a été enregistré qu’en 1920, date où il était déjà devenu très populaire parmi les Noirs du Sud, en répandant au-delà de son aire d’origine. A chaque fois, le Blues devient le véhicule principal de la chanson noire mais compose avec d’autres traditions locales, donnant des styles de Blues différents les uns des autres. Le Delta Blues est rythmique, lancinant, hypnotique avec une figure de basse répétitive, parfois sur un seul accord décomposé en boucle. Plus qu’une histoire bien construite, le bluesman du Delta enfile des « versets flottants », tissant une trame poétique irrésistible. Charlie Patton, Son House ou Skip James sont les premiers représentants principaux de ce style.
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Marie57
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MessageSujet: Re: Le BLUES   Sam 5 Aoû 2006 - 19:07

( …suite…)

Dans les Etats du Vieux Sud jouxtant la Côte Atlantique, le Blues rencontre une tradition musicale et chantée ancienne solidement implantée. Le Blues de la Côte Est est le lieu d’élection d’un jeu de guitare en fingerpicking, alternant les basses tout en jouant la mélodie, créant un irrésistible effet d’orchestre par un seul musicien. Le Blues de la Côte Est demeure proche des racines folkloriques du Sud des Etats Unis, largement ouvert aux variétés de l ‘époque. L’omniprésence de figures de Ragtime donne une coloration dansante et légère à ce blues du Texas, il marie cette chanson noire avec de fortes influences hispaniques, utilisant des figures de guitare jouées en arpèges entrecoupées de basses. Les compositions de ce Blues texan sont souvent très élaborées, pleines d’images saisissantes et fréquemment d’un humour emprunt d’autodérision.

Le Nord industriel a besoin d’une énorme main d’œuvre docile qu’elle trouve en partie dans le Sud en pleine crise du coton. Les Noirs gagnent les grands centres industriels durant l’Entre-deux-guerres, créant à chaque fois des styles de Blues urbains particuliers. Dans les cabarets des grandes villes du Nord, un Blues tirant vers les Variétés et le Jazz s’était développé parmi les migrants noirs les plus anciens. C’est ce type de Blues qui a été enregistré le premier dans les années 20 ( Bessie Smith, Ma Rainey ). A Memphis, le quartier noir de Beale Street engendre le Memphis Blues : duos de guitaristes qui assurent un début de forme orchestrale au Blues rural, jug-bands, orchestres de bric et de broc avec kazoos, jarres, lessiveuses et harmonicas qui imitent les ensembles de la Nouvelle-Orléans. A Saint-Louis, ce sont les duos piano-guitare qui définissent le Blues de la ville.

Enfin, Chicago- dernière étape- développe un Blues orchestral tendu et urgent encore affirmé par l’utilisation d’une section rythmique marquée, de la guitare «électrique et de l’harmonica amplifié. Le Chicago Blues de l’après-guerre façonné par Muddy Waters, Howlin Wolf ou J.B. Lenoir, est de façon très précise, une version électrique et orchestrale du Blues du Delta.

Durant les années 60, la fin de la ségrégation provoque un rejet par les Noirs de tous les symboles du système. Or, le Blues fait partie de ce paysage ségrégationniste, même s’il en a le rôle de commentaire acide. A l’exception d’un dernier style original qui prend naissance dans le ghetto du West Side de Chicago , dominé par des sonorités venues du Gospel et une utilisation de la guitare à la façon californienne ( Buddy Guy, Otis Rush ), le Blues cesse largement d’être populaire auprès des Noirs. Et perd ainsi sa fonction de chronique communautaire. C’est à ce moment que les Blancs découvrent le Blues. D’abord les Yankees du Folk-Bloom et du Blues-Revival ( Bob Dylan ). Puis, les Anglais qui favorisent le Blues de Chicago ( Rolling Stones, Yardbirds, Eric Clapton, John Mayall ). Dès lors, le succès du Blues devient de plus en plus important dans le monde entier.

A partir de la fin des années 80, le Blues connaît même un fort engouement dans une Amérique qui l’avait jusqu’alors substantiellement négligé. Mais les compositions originales laissent de plus en plus de place à une musique de répertoire où les parties instrumentales ( faibles jadis dans le Blues noir communautaire ) dominent les textes et les reprises de Blues anciens devenus des « classiques » souvent interprétées par de talentueux musiciens ( Bonnie Raitt, Lucina Williams) prennent le pas sur des compositions originales.

Le berceau du Blues ( le Sud Profond, Memphis, Chicago ) devient lieux de pèlerinage pour aficionados et de plus en plus de touristes du monde entier. Parallèlement, le Blues est désormais enseigné dans les Universités américaines, en particulier dans le Sud Profond et des « musées » de Blues fleurissent un peu partout. Une chaîne de cafés haut de gamme, « House of the Blues » fait fureur.

Cette officialisation du Blues est évidemment à double tranchant. D’un côté, le Blues n’a jamais eu autant de public et touche, de façon très inattendue, le monde entier. D’un autre côté, les musiciens qui le pratiquent aujourd’hui, Blancs comme Noirs, font face à un défi majeur : maintenir la spontanéité, l’invention, la créativité qui ont fait la puissance du Blues lorsqu’il était la musique des Noirs les plus marginaux dans une Amérique qui les méprisait. Aujourd’hui, honorable, universitaire et international, le Blues doit faire attention de ne pas avoir davantage d’interprètes d’un passé glorieux que de vrais innovateurs.

Gérard HERZHAFT
Auteur de « La Grande Encyclopédie du Blues » ( Fayard )
http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?PRID=179906&Mn=3&Ra=-1&To=0&Nu=1&Fr=3

wavey
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Mimi
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MessageSujet: Re: Le BLUES   Dim 6 Aoû 2006 - 11:00

"D’un autre côté, les musiciens qui le pratiquent aujourd’hui, Blancs comme Noirs, font face à un défi majeur : maintenir la spontanéité, l’invention, la créativité qui ont fait la puissance du Blues lorsqu’il était la musique des Noirs les plus marginaux dans une Amérique qui les méprisait."

Je me souviens dans le film sur Ray Charles, son bannissement de la Georgie et également le public qui le huait, parce qu'il avait osé adapter du gospel sur une musique Rhythme & Blues. C'était un "outrage"... pourtant Ray Charles a toujours chanté et joué ses racines !
Et s'il ne l'avait pas fait, sa musique aurait-elle était innovatrive ?
C'est bien là le problème des puristes qui n'acceptent aucune variante du blues, du rock, du jazz, etc...
La musique, quand elle sort des tripes n'a pas besoin d'étiquettes. J'aime ces phrases de Jeff Buckley qui résume assez bien ce que je ressens...
"Je ne me rappelle pas m'être intéressé un beau jour à la musique : tous mes souvenirs, même les plus anciens, ne sont que musique. Elle était ma nourriture, une vraie boulimie. Je crois que j'ai chanté avant de parler. ...
... J'étais fasciné par les sons, comme celui de la pédale wah-wah. J'imaginais des solutions insensées : pour moi, ça ne pouvait venir que d'un animal torturé. J'avais mis un point d'honneur à résoudre toutes ces énigmes du son. Si bien qu'à 5 ans, la musique est devenue une affaire très personnelle
.
"

Merci Marie pour cette excellente page d'histoire du Blues... Wink
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Marie57
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MessageSujet: Re: Le BLUES   Lun 7 Aoû 2006 - 15:29

Le Blues par excellence incarne l’âme…C’est pour cette raison que sa musique et son chant nous touchent en plein cœur.
Dans son essence même le Blues est multiple et les exemples ne manquent pas…John Lee Hooker, John Mayall et que dire des solos de guitare d’un certain Jimmy Hendrix…et même actuellement avec Alvin Youngblood Hart…

C’est vrai, j’affectionne aussi tendrement le Blues primitif. En est–il la quintessence ? Je ne sais pas. Mais j’aime son dépouillement, sa simplicité…une guitare, un piano, une voix…. Un souvenir de jeunesse sûrement. C’est ce Blues-là qui résonnait dans toute la maison dans ma prime jeunesse et qui me touchait déjà !

Deux CD que j’adore :

- J.B. Lenoir et sa voix si particulière…

http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?PRID=1680267&OrderInSession=0&Mn=3&SID=b3241c68-0d4e-08e3-e8b9-18bbd73d4836&TTL=080820061016&Origin=ZICLINE&Ra=-28&To=0&Nu=3&UID=1103A952E-35A0-D11F-D308-3FAE2F444CB2&Fr=0

- Skip James

http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?PRID=1523300&OrderInSession=0&Mn=10&SID=b3241c68-0d4e-08e3-e8b9-18bbd73d4836&TTL=080820061023&Origin=ZICLINE&Ra=-28&To=0&Nu=9&UID=1103A952E-35A0-D11F-D308-3FAE2F444CB2&Fr=3


Un site que je trouve passionnant, original… Un guide de voyage de « La route du Blues ».

http://jocelyn.richez.free.fr/

Voici la page d’accueil :

Ce site est un guide autant touristique que musical sur la route qui va de La Nouvelle Orléans à Chicago via la highway 61 à la recherche des racines du blues et de ses pionniers. La route du blues correspond à la migration de la population noire et en particulier des bluesmen des états ruraux du sud vers les grandes villes industrielles du Nord, fuyant misère et ségrégation.
Son but est d'une part bien sûr de vous donner envie de partir et d'autre part de fournir quelques informations pour vous guider dans ce voyage.
Ayant moi-même constaté qu'il était extrêmement difficile de récupérer des informations précises sur les sites ayant marqué l'histoire du blues (un livre comme "la route du blues" est particulièrement difficile à trouver en librairie alors que les guides traditionnels ignorent purement et simplement le sujet qui ne doit pas être "vendeur"), j'ai pris mon éditeur html et je me suis mis au boulot en essayant de vous faire profiter de ma petite expérience. Pour information, la plupart des photos présentes sur ce site datent de l'été 1997 (états du sud) ou du printemps 2000 (états du Nord).
Attention, beaucoup de sites historiques sont actuellement menacés de disparition (Maxwell street à Chicago) ou ont déjà disparu (le Tabby's Blues Box à Baton Rouge a été rasé, le juke joint de Junior Kimbrough à Holly Springs a complètement brûlé et la partie Nord-Ouest du delta a en partie disparue pour laisser la place aux casinos, à leurs immenses parkings et à leurs hôtels de plus en plus fous). Bourbon street à la Nouvelle Orléans et Beale street à Memphis sont en train de devenir des pièges à touristes. Aussi, les pionniers du blues ont aujourd'hui presque tout disparu et les derniers musiciens encore "authentiques" nous quittent un à un (voir le nombre de musiciens figurant dans le film "Deep Blues" décédés aujourd'hui: Booba Barnes, Junior Kimbrough, Jack Owens, Lonnie Pitchford).
Alors, dépêchez-vous avant qu’il ne soit trop tard !

Petite question en aparté : « Comment faites-vous pour mettre directement cette page, texte et photos comprises ? »

Ps : bounce Mimi j’ai adoré le film : « RAY »

wavey

Marie-Jo
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MessageSujet: Re: Le BLUES   Lun 7 Aoû 2006 - 15:54

Il y a deux solution Marie... Soit une capture d'écran avec un logiciel de capture, mais les liens ne seront pas actifs...
Soit pour les photos, cliquer du droit dessus, choisir "Propriétés", et copier l'adresse url qui s'affiche en face de "Emplacement", dans la petite fenêtre qui s'ouvre...
Pour le texte, c'est un copié/collé... tu sais faire le copié/collé ?
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Mimi
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MessageSujet: Re: Le BLUES   Lun 7 Aoû 2006 - 16:02

J'oubliais pour les photos... une fois qu'on a l'url de la photo, il suffit de cliquer sur Image, pour que les balises s'affichent de chaque côté de l'url ! après avoir envoyé le message, seule la photo apparaîtra !

exemple :
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MessageSujet: Re: Le BLUES   Lun 13 Nov 2006 - 17:44

Marie Jo, je rebondis sur ton post de cet été auquel je n'ai pas répondu....j'ai vu "The soul of a man" et j'ai beaucoup aimé la partie concernant JB Lenoir...

As-tu vu " La route de Memphis" , deuxième volet de la série de Martin Scorcese? On y parle de BB KIng, Ike Turner, Rosco Gordon, Howli'Wolf, etc...




http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=54133.html


...c'est un DVD vivant, riche en passages musicaux ...réaliste...une vie de bluesman pas toujours rose mais ils ont tous le sourire et rient comme des enfants quand ils parlent de leurs débuts....

...on y rencontre aussi Sam Philips, celui qui a découvert Elvis Presley, tout en travaillant avec tous ces bluemen...c'est grâce à lui que le Blues a fini par être accepté par les blancs car ils ne passaient pas sur leurs radios...c'est à ce moment là que le blues , chanté par les blancs, est devenu Rock and Roll...enfin bref, une page d'histoire...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sam_Phillips

BB King

http://youtube.com/watch?v=gQ4wUJUYhBk&mode=related&search=

BB King avec Tracy Chapman

http://youtube.com/watch?v=TH_rsoqjBw0


Elvis PRESLEY

http://youtube.com/watch?v=qu5wnUlMEnM

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MessageSujet: Re: Le BLUES   Lun 13 Nov 2006 - 18:28

Tiens voilà un DVD à acheter.. Wink

Merci pour les liens....Elvis avait commencé son régime tartinesaubeurredecacahuètes.... Rolling Eyes mais heureusement, la voix n'avait pas changé... Wink

Il y a longtemps sur des guitares
des mains noires lui donnaient le jour
pour chanter les peines et les espoirs
pour chanter Dieu et puis l'amour


Marie-claude
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MessageSujet: Re: Le BLUES   Mar 14 Nov 2006 - 20:51

"Le 4 décembre 1956, alors que Jerry Lee Lewis, Johnny Cash, Carl Perkins se trouvent en studio pour enregister, débarque Elvis Presley et ils débutent une improvisation que Philips ne manquera de mettre sur bandes mais le disque ne sortira que bien des années plus tard sous le nom de The Million Dollar Quartet."

L'album...

http://www.amazon.fr/Million-Dollar-Quartet-Elvis-Presley/dp/B000025L5E


...Elvis en 1956...

http://youtube.com/watch?v=nqjzbY7lx1c&mode=related&search=

http://youtube.com/watch?v=jNFa6WFIXI0&mode=related&search=


Yehhhh! papillon vert

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MessageSujet: Re: Le BLUES   Mar 14 Nov 2006 - 21:15

Question physique, c'est sûr, y'a pas photo... Razz

Par contre, en machant son chewing gum, ça donnait pas l'impression d'un mec super intelligent...lol!!.. jocolor

...et Dieu sait si j'aime Elvis... Wink

Marie-Claude
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MessageSujet: Re: Le BLUES   Mer 15 Nov 2006 - 18:41

http://www.youtube.com/watch?v=pQo1QZFC968

http://www.youtube.com/watch?v=LRb4ha6BKUo&mode=related&search=


Je n’ai pas vu au cinéma « La route de Memphis », de la collection j’en possède 3…en attendant… d’acheter le coffret…( j’aime aussi beaucoup J.B. Lenoir)

http://www4.fnac.com/Shelf/article.aspx?PRID=1774781&OrderInSession=1&Mn=8&SID=B3241C68-0D4E-08E3-E8B9-18BBD73D4836&TTL=161120061437&Origin=ZICLINE&Ra=-3&To=0&Nu=8&UID=1103A952E-35A0-D11F-D308-3FAE2F444CB2&Fr=0

Avec cette collection, le public a la possibilité d’avoir accès à l’essence même du blues, dit Martin Scorsese. Nous espérons que cette collection de 7 films permettra à un nouveau public - et surtout aux plus jeunes, fans de rock ou de hip hop – de découvrir le Blues, d’en apprécier le génie, d’en saisir l’origine ( la lutte contre l’esclavage ) et d’en comprendre les liens avec la musique qu’ils écoutent.

Notre but n’a jamais été de produire quelque chose d’exhaustif sur le Blues. Nous avons souhaité, dès le départ, donner la possibilité à quelques cinéastes les plus créatifs d’exprimer leur passion commune pour cette musique.

Donc, Britanya, en plus de « the soul of the man », j’ai : « du Mali au Mississippi » où Martin Scorsese nous offre un voyage depuis les rives du fleuve Niger, au Mali, jusqu’aux champs de coton et aux arrière-salles bricolées du delta du Mississsippi afin de retracer les origines du blues.

Et le 3ème : « Piano Blues » un film de Clint Eastwood.
Dans ce film, Clint Eastwood nous fait partager la passion qu’il a toujours éprouvé pour le Blues et le piano – un instrument dont il joue lui-même. Son parcours croise les routes de légendes du blues telles Ray Charles, Fats Domino, Little Richard et Dr. John.
« Le Blues a toujours fait partie de ma vie musicale, et le piano y tient une place particulière. Tout à commencé quand ma mère ramenait à la maison les disques de Fats Waller. La musique est un élément clé de tous mes films. Un documentaire sur le Blues au piano me donne la chance de faire un film plus directement lié à la musique que les longs métrages que j’ai réalisés au cours de ma carrière…


Pas mal d’extraits de « the soul of a man » sur You tube. Je mets le 1er et le 4ème…si cela vous intéresse :

http://www.youtube.com/watch?v=j4ngPcqr3nU&mode=related&search=

[…]

http://www.youtube.com/watch?v=vSmUgudcKKw&mode=related&search=

….

…Quand une voix vous replonge dans de merveilleux souvenirs d’enfance…c’est court mais si intense !
http://www.youtube.com/watch?v=ytVww5r4Nk0

Marie-Jo wavey
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MessageSujet: Re: Le BLUES   Mer 15 Nov 2006 - 20:51

J'ai les 7 vidéos mais je les regarde tranquillement....en m'imprégnant des images d'époque (très parlantes sur "The soul of a man" et trouvées aux US quand je vivais dans le berceau de Martin Luther King)...

...peut être ,sais-tu aussi qu'il existe un coffret de trois albums reprenant les bandes originales des films "The soul of a man", "Feel like going home" et "Piano blues"....diffusé par Sony-BMG Wink

http://www3.fnac.com/search/quick.do?OrderInSession=1&TTL=161120061832&SID=A99B0A1D-232F-5975-5047-92D4DDFE1D76&Origin=ZICLINE&UID=01031936D-A1BA-8B54-DA8C-1641E6C7E730&text=The+blues+Martin+Scorcese&category=audio&x=39&y=11


Pour l'instant, je cherche "Crossroads" (le chemin de la gloire), le film réalisé en 1986 par Walter Hill mais on m'a dit que c'était épuisé c po just

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MessageSujet: Re: Le BLUES   Mer 15 Nov 2006 - 22:48

Skip James à Newport


http://www.youtube.com/watch?v=EOKGCKXxjng&mode=related&search=


Cet homme a alors plus de soixante ans et une voix qui résonne comme un instrument de musique...claire, nette bravo ...redécouvert dans les années 60, il travaille alors dans les champs pour subvenir à ses besoins après être passé par le métier de prêcheur (fils de pasteur lui même)...





Toute sa discographie...

http://www.wirz.de/music/jamesfrm.htm

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Marie57
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MessageSujet: Re: Le BLUES   Jeu 16 Nov 2006 - 17:52

...je cherche "Crossroads"...

Si par hasard, tu en trouvais quand même ici, en V.O sous-titrée, pense à moi, ça m’intéresserait, je n’ai pas pu le voir à sa sortie…merci de l’avoir mentionné… je l’avais oublié...

J’ai essayé amazon.com…Je l’ai trouvé.. mais via les USA…Maintenant faut voir les frais de port…Peut-être feront-ils des recherches vers l’Europe…la France ?

http://www.amazon.com/Crossroads-Ralph-Macchio/dp/B0002A2WDQ/sr=8-1/qid=1163684992/ref=pd_bbs_sr_1/102-8391587-8563353?ie=UTF8&s=dvd

Est-ce que les DVD américains fonctionnent avec nos lecteurs ? ?

Marie-Jo

Ps : Merci Britanya pour Skip James Wink
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Britanya
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MessageSujet: Re: Le BLUES   Jeu 16 Nov 2006 - 17:59

....je te réponds tout de suite....si ça t'intéresse, je peux demander à ma fille qui vit là bas si elle peut le trouver et t'en faire venir un avec le mien MAIS,car il y a un "mais", les DVD américains sont en système NTSC....il faut que ton lecteur les acceptent ce qui ne semblent plus être le cas, sauf exception, bidouillage, etc....essaie de te renseigner de ce côté et on en reparle... Wink

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Marie57
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MessageSujet: Re: Le BLUES   Jeu 16 Nov 2006 - 18:23

C’est bien ce que je craignais Britanya indecis …Je vais me renseigner…Merci Wink
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Marie57
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MessageSujet: Re: Le BLUES   Ven 22 Fév 2008 - 19:03

Sans nul doute, c'est ce vieux blues qui me trouble et m'émeut. Je suis toujours en quête de son histoire…

Un soir, France-inter présente un CD: "Slavery, women, God and Whiskey" une compilation "Music Maker", qui regroupe 11 artistes inconnus du grand public, car ce label s'est spécialisé dans la découverte de pépites inconnues du grand public.
Exemple: Adolfus Bell a 65 ans, il n'a jamais réussi à vivre de sa musique parce que le blues, ça ne marche pas au pays du blues...Aujourd'hui, grâce à la fondation Music Maker, il a retrouvé un toit, et il donne des concerts..."


SOS BLUESMEN EN DÉTRESSE


UNE FONDATION SOUTIENT LES DERNIERS PIONNIERS DU BLUES AMÉRICAIN


Ils ont entre 55 et 90 ans. Inconnus ou presque, ils jouent le blues, le vrai. La Fondation Music Maker leur vient en aide, afin d'adoucir leurs vieux jours, et les enregistre, pour garder une trace des racines vivantes de la musique du sud des États-Unis. par Maguy DAY | Le Monde 2 n° 103, 4 février 2006

Après l'ouragan Katrina, trois musiciens de rue de La Nouvelle-Orléans se sont réfugiés chez le couple Duffy, en Caroline du Nord. SIewfoot, le songwriter, et Cary B., sa compagne, se sont installés dans la cabane qui fait office de maison d'amis. Earle Brown, qui a survécu une semaine dans les rues dévastées de la capitale musicale de la Louisiane, profite du mobil-home garé dans la propriété de la Fondation Music Maker. Tout ce petit monde, enfants compris, navigue entre la cuisine de la maison et le studio d'enregistrement.
Earle est assis sous l'auvent, entre les deux bâtiments. Il nettoie la clarinette et le hautbois qu'il vient de recevoir de l'association. SIewfoot de son côté essaie d'identifier les aides auxquelles ils peuvent prétendre, après avoir récupéré quelques vêtements élimés, donnés par un voisin. Artistes dans le besoin, ils ont frappé à la bonne porte, celle de la Fondation Music Maker.

Il y a bien la clinique des musiciens à La Nouvelle-Orléans mais elle ne procure qu'une aide médicale et a été également touchée par l'ouragan. Les Duffy, fondateurs et gestionnaires de Music Maker, déploient une énergie inépuisable pour maintenir les bluesmen démunis en vie où qu'ils se trouvent sur le territoire des États-Unis. Le couple s'emploie depuis dix ans à systématiser le soutien aux artistes par le biais de dons d'instruments de musique, des guitares principalement, mais aussi par la redistribution des droits d'auteur liés aux ventes de disques ou de places de concert.
Depuis sa création, l'association a vu transiter plus de 2,5 millions d'euros. "Nous sommes les rois du micro-don", explique Tim Duffy. Une chaudière par-ci, une voiture par-là. "Un jour, ils sont arrivés avec un chauffe-eau, une autrefois avec de quoi payer les médicaments qui soignent mes poumons pourris. Quand je suis dans la mouise, d'une manière ou d'une autre, je ne sais pas comment, ils finissent par apprendre", explique le guitariste Carl Rutherford qui, à 74 ans, joue un mélange de musique traditionnelle, gospel, blues et country, et chante son expérience de mineur dans les montagnes de Virginie de l'Ouest.


Jeune diplômé en ethnomusicologie à l'université de Caroline du Nord à Chapel Hill, Tim Duffy a commencé en 1989 à enregistrer chacun des musiciens dont il venait à apprendre l'existence. Un projet similaire à celui du fondateur de l'étude du patrimoine musical américain Alan Lomax.
Dans les années 1930, Lomax, l'incontournable musicologue soutenu par la bibliothèque du Congrès, avait pu prendre la route, quadriller les États de l'Union et enregistrer pour la postérité des artistes dont la réputation, établie par le bouche-à-oreille, dépassait rarement les confins du comté ou de l'Etat. Music Maker a aujourd'hui pris le relais avec des enregistrements haute définition. Les disques de ces artistes qui ont côtoyé les légendaires bluesmen d'avant-guerre vous replongent dans une période historique sans en perdre ni le son ni l'essence. "Vous n'avez pas affaire à la seconde génération de musiciens de blues; ces hommes et ces femmes SONT le blues", explique Tim Duffy. Qui aurait cru que des contemporains du légendaire bluesman Robert Johnson, mort en 1938, jouent encore aujourd'hui.
Dans la petite ville de Morganton, en Caroline du Nord, vit Etta Baker. A 92 ans, elle possède un style et un son de guitare incomparables, tout droit sortis du XIXe siècle. Elle reçoit avec la grâce teintée d'humour des femmes du Sud. "Je suis veuve depuis trente ans, mais il y a quelques années Cuitar Gabriel, un des piliers de Music Maker, racontait à tout le monde que vu la façon dont je le regardais, il était évident que je voulais l'épouser. Je lui ai répondu : "II faut avoir 104 ans pour un second mariage et, tu vois, je ne suis pas assez vieille."


Tim Duffy, qui a fait les 270 kilomètres de route pour lui remettre les 5100 dollars correspondant à ses droits d'auteur, explique: "Avec 7000 albums diffusés en quelques mois, Etta est celle qui vend le plus." Le chèque ne laisse pas la vieille dame indifférente. "Comment est-ce possible ?, demande-t-elle, émue. - Tu joues bien de la guitare", lui répond Tim avec un sens prononcé de la litote. "Avec le prix du fioul qui a doublé en un an, je me demandais comment j'allais payer le chauffage", confie-t-elle.
La main trop engourdie pour la guitare, Etta "Pickin'" Baker se saisit du banjo et égrène les cordes avec deux doigts dans un style typique de la région. "J'avais à peine 3 ans quand j'ai commencé à jouer. Mon père me posait sur le lit, la Stella sur ses genoux, et m'expliquait patiemment comment placer mes doigts." A 45 ans, sur les conseils d'un musicien, elle quitte son travail à l'usine de chaussures et, pour la première fois, joue moyennant salaire. James Stephens, plus connu sous le nom de Guitar Slim, accompagne à la guitare. Il mettra, trente ans plus tard, le jeune Tim Duffy sur la piste de Guitar Gabriel et de dizaines d'autres bluesmen oubliés. "Ces vieux gars me manquent", dit Tim Duffy de ceux qui sont partis.
Dans le Sud historique des États-Unis, au pied des collines de la Caroline du Nord et du Sud, le Piedmont blues est une version plus légère et rythmée que le blues du Mississippi, même s'il y est toujours question de travaux difficiles, de femmes, d'alcool ou d'amour trouvé et perdu. Sur les plantations de coton du fertile delta du Mississippi, les musiciens de blues des années 1920 sont souvent des Noirs illettrés vivant dans des conditions de quasi-servage. Dans les Carolines, les plus pauvres travaillent comme journaliers dans les champs de tabac. La ville de Durham est un important centre industriel où, d'août à décembre, les fermiers des environs descendent plusieurs jours en ville pour vendre leurs balles de tabac aux enchères. Riches du produit de leur vente quotidienne, ils écument les bars à la nuit tombée à la recherche de bonne musique. Des artistes comme Blind Boy Fuller, qui vendra plus d'un demi-million de disques, pouvaient obtenir de confortables cachets lors de ces sessions.

À 76 ans, John Dee Holeman s'est installé en ville mais possède encore le terrain où il a grandi dans la campagne vallonnée près de Durham, Dans la ferme de ses parents, la remise où séchait le tabac est toujours là. Les murs formés de poutres de bois qu'il a coupées à la main et à la hache témoignent du pénible travail fourni. Petit garçon, il est entouré de guitaristes de blues et écoute Blind Boy Fuller jouer avec son oncle et les nombreux musiciens du comté d'Orange. Il chante d'une voix expressive, accompagné de sa guitare dans un genre de Piedmont blues durci par le son métallique du Texas blues à la Lightnin' Hopkins. L'homme sec et fin, grand danseur de claquettes, vient juste de prendre sa retraite comme machiniste d'équipement lourd. Mais à l'heure où sa renommée dépasse les frontières régionales, il se voit contraint de refuser des cachets de 1200 dollars pour s'occuper de sa femme malade.
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Marie57
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MessageSujet: Re: Le BLUES   Ven 22 Fév 2008 - 19:09

5000 dollars par an

S'ils veulent bénéficier du soutien financier de la fondation, les musiciens doivent être ancrés dans la tradition musicale du sud des États-Unis, être âgés de plus de 55 ans et gagner moins de 18000 dollars par an. Même si en moyenne ils en gagnent à peine le tiers. "Je ne pense pas que ces gens imaginent qu'il existe des artistes d'une telle envergure, dont le genre musical a influencé la culture américaine et enrichi de plusieurs milliards de dollars l'industrie du disque, qui essaient de survivre avec moins de 5000 dollars par an", s'inquiète Tim Duffy.
La fondation soutient soixante-dix musiciens dans treize États de l'Union, en Caroline du Nord, mais aussi en Géorgie, en Louisiane ou dans le Mississippi. Elle se voit même obligée de refuser des candidats. Music Maker présente une collection de plus de soixante titres, "sans compter les enregistrements effectués depuis vingt-cinq ans et que nous n'avons jamais exploités", précise Duffy.


Comme l'écrit Eric Clapton, pourtant avare de mots, dans une lettre de soutien :
"Le projet est fabuleux et fournit la preuve que la musique que j'ai toujours aimée est vivante et se porte bien." Quand B.B. King croise le chemin de Tim Duffy en 1997 et écoute un de ses enregistrements dans sa chambre d'hôtel, il explique: "C'est comme si je respirais à nouveau l'air de la campagne de mon enfance. Leurs photos sur la couverture du disque me rappelaient les visages des musiciens que j'ai fréquentés." Il a lui aussi grandi dans les champs de coton du Mississippi mais aujourd'hui, au faîte de sa renommée, il sait que "beaucoup de bluesmen ne quittent jamais l'obscurité; même s'ils ont eu leur heure de gloire, les temps deviennent difficiles quand ils n'ont plus de concerts".


Le musicien Taj Mahal est encore plus impliqué dans les activités de l'association. Il a enregistré des morceaux en duo et un disque entier avec Etta Baker et participe tous les ans à un tournoi de pêche agrémenté de concerts de blues au Costa Rica pour recueillir des fonds.

"J'avais onze voix"

Luther Mayer, 79 ans, surnommé "Captain Luke" pour son chapeau de capitaine au long cours découvert au détour d'une échoppe, possède une voix naturellement profonde de baryton. Enfant, dans la ferme de ses grands-parents, il chante en travaillant pieds nus derrière la mule qui tire la charrue. Habitué à se produire dans les églises en fin de semaine, il est alors repéré par Otis King et son quintet gospel. "À l'époque j'avais onze voix ; je pouvais chanter sur tous les registres", raconte Luther Mayer. Encore aujourd'hui, il arrondit les fins de mois en jouant dans des drinkhouses. De nos jours, à Winston comme dans d'autres villes du Sud, ce sont les rares endroits où les ouvriers afro-américains se retrouvent pour écouter du blues, tandis que les concerts à 30 dollars le billet ne sont fréquentés que par un public aisé, majoritairement blanc. Moins connus que les juke-joints du Mississippi, ou les honky-tonk texans, ces bars clandestins approvisionnés en alcool illégalement distillé sont généralement installés dans des appartements. On y boit du tord-boyaux à 80° de préférence coupé d'eau, et les propriétaires font office de banquiers quand l'argent vient à manquer.
"J'ai commencé par jouer de la guitare dans les églises. Si le pasteur apprenait que l'on avait joué dans une drinkhouse, on était mis à la porte de l'église", explique le guitariste Macavine Hayes, voisin et ami de Captain Luke à Winston. Son sourire communicatif et ses yeux malicieux sont à l'image de son style de jeu. À 62 ans et après une vie de terrassier, l'homme est aussi fort physiquement que musicalement et met tous ses muscles au service d'un blues brut pour un public vite conquis par ses rythmes dansants. Pour se rendre aux concerts, aller toucher leurs chèques des services sociaux, faire des courses ou acheter des médicaments, Hayes et ses musiciens partagent une voiture donnée par l'association.


Âgé de 52 ans, Cool John Ferguson bénéficie de l'aide de Music Maker grâce à un emploi de créateur artistique où il prodigue ses conseils aux autres artistes pour leur trouver de nouveaux arrangements.
Déjà à l'école primaire, l'instituteur était convaincu des compétences musicales du jeune John et lui demandait de jouer chaque matin devant ses camarades de classe pour obtenir plus de calme. La musique fait partie intégrante du quotidien de la communauté afro-américaine et le guitariste est de toutes les réunions religieuses : baptêmes, mariages ou enterrements. Ces derniers étant devenus sa spécialité, il établit avec le maître de cérémonie le déroulé des obsèques. "Je devais les laisser un peu pleurer et ensuite laisser leur âme s'envoler. Alors je commençais par des morceaux tristes et, sans prévenir, je les égayais avec des morceaux plus entraînants. Beaucoup venaient ensuite m'écouter le soir dans le club où je jouais." L'association lui fait traverser les frontières des États et des pays. En octobre, il était aux Nancy Jazz Pulsations avec d'autres musiciens soutenus par l'association. Mais, aux États-Unis, le public n'est pas au rendez-vous. "Dans les années 1970, c'était plus facile, il n'y avait pas de hip-hop, de R'n'B, mes morceaux étaient parmi les quarante les plus diffusés par les radios." Fin octobre, pour un concert de soutien aux victimes de l'ouragan Katrina, c'est avec l'aide du jeune et très prisé Robert Randolph qu'ils remplissent une salle de 1400 personnes à Baltimore, dans le Maryland. Drink Small se définit comme un "Blues doctor" parce qu'il peut tout jouer. Du bottleneck - un goulot de bouteille placé sur un doigt que l'on glisse le long du manche pour obtenir un son plus lancinant - au ragtime ou au Piedmont blues. Il a un sens très développé de la formule lapidaire et rythme ses phrases de rimes. Enfant, il bricole sa propre guitare, joue du piano dans les églises. Il gagne 5 dollars dans les soirées privées, soit plus qu'en une semaine de travail à la ferme. Mais cette période faste du blues est terminée. "Aujourd'hui les jeunes sont surendettés à cause des frais d'inscription à l'université. Ils doivent trouver un moyen pour les rembourser et le blues ne rapporte pas assez", analyse Drink Small.

Mais pour ces vétérans d'un genre musical magique, qui apprécient cette reconnaissance tardive, une chose n'a pas changé. Comme le résume Etta Baker, quand elle parle des musiciens qui l'ont précédée ou des membres de sa famille : "II n'était pas question de gloire. Juste de passer un bon moment ensemble."

http://www.musicmaker.org/media/wasp/waspPopup.html?theFile=rainynight.flv&wW=448&wH=351


http://www.musicmaker.org/media/wasp/waspPopup.html?theFile=oneblackrat.flv&wW=448&wH=351


Le site francophone de Music Maker:

http://www.musicmaker.org/fr/index.php

http://www.musicmaker.org/fr/history

http://www.musicmaker.org/fr/mission
Bisous et à bientôt! wavey

Marie-Jo





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