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 Patti Smith

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Marie57
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MessageSujet: Patti Smith   Lun 17 Mar 2008 - 14:55

Voilà une belle occasion de vous parler de Patti Smith, du 28 mars au 22 juin 2008,la Fondation Cartier présente Land 250, une grande exposition personnelle de l’artiste et musicienne américaine Patti Smith, dédiée aux multiples facettes de sa production artistique. Réunissant des oeuvres réalisées entre 1967 et 2007, elle permet de découvrir l’univers lyrique, spirituel et poétique de l’artiste. La voix vibrante de Patti Smith dominera l’ensemble des installations, créées spécialement pour l’exposition et présentant une sélection de photographies, de dessins et de films.



Un article lui est dédié dans le Monde2 :

Les fantômes de Patti Smith:

L' esprit de Jimi Hendrix et de William Blake, le souvenir de William Burroughs et de Robert Mapplethorpe toutes ces figures entourent Patti Smith, rockeuse qui écrit, musicienne qui dessine, peintre qui photographie. Avant l'exposition que lui consacre la Fondation Cartier, rencontre à Paris avec une legende vivante.


Charles Baudelaire réside désormais avenue de l'Ouest, derrière la tour Montparnasse, avec sa mère et son général de beau-père. De temps en temps, une femme enveloppée dans une redingote noire et chaussée de santiags fatiguées vient leur rendre visite. "Statue aux yeux de jais, grand ange au front d'airain", ce pourrait être la réincarnation de la Vénus noire, le grand amour du poète. C'est Patti Smith, la pythie bondissante du rock'n'roll. Elle dépose une poignée de cailloux à leurs pieds puis prend une photo avec un vieux Polaroid Land 250. Elle va ensuite voir Joris-Karl Huysmans, sans doute pour demander à l'écrivain des nouvelles de Des Esseintes, l'esthète excentrique parti sans laisser d'adresse.
Après, elle marche lentement, presque en dansant, jusqu'à la simple dalle en granit gris où dorment Samuel Beckett et son épouse. Elle pose une main sur la pierre, murmure quelques mots puis s'en va. Pourquoi un tel pèlerinage? Elle cite le cinéaste italien Pier Paolo Pasolini : "Ce n'est pas que les morts ne parlent pas, c'est que nous avons perdu l'habitude de les écouter." L'autre jour, à la sortie du cimetière du Montparnasse, un vieil homme édenté et sentant l'alcool, sans doute un clochard du quartier, s'est figé devant elle, l'a dévisagée et a doucement dit : "Patti Smith?" Et il est parti.
La scène était surprenante. "Je me suis sentie honorée que cet homme qui vit en marge connaisse mon nom. J'y ai pensé toute la journée. Autrefois, tout le monde se disait bonjour. Maintenant, les gens sont renfermés, bloqués sur leurs portables et ils ont peur de paraître bizarres", m'expliqua Patti Smith plus tard. Nous étions rue Campagne-Première, une courte artère qui relie le boulevard Raspail au boulevard du Montparnasse.

La première fois où elle a débarqué à Paris, en 1969, avec sa sœur Linda, elle a habité pendant trois mois au numéro 9, dans une petite chambre, au sixième étage, dormant à même le sol avec huit autres personnes. Quelques années auparavant, Yves Klein, l'homme du bleu, avait eu un atelier dans le même immeuble. Patti, elle, avait choisi l'endroit à cause de Rimbaud et Verlaine, qui vécurent dans un relais de poste, aujourd'hui disparu, situé au 3. Mais aussi de Man Ray, de Tristan Tzara, de Vladimir Maïakovski, de Louis Aragon, d'Elsa Triolet, de Kiki de Montparnasse, qui y ont laissé leur empreinte. Et surtout de Jean-Luc Godard, qui y tourna la dernière scène d'A bout de souffle, celle où Jean-Paul Belmondo, dénoncé par Jean Seberg, est abattu par la police en sortant du numéro 11…
A l'époque, l'après-midi, pour glaner de la menue monnaie, Patti longeait le boulevard du Montparnasse et s'installait avec sa guitare entre le Dôme et la Coupole. En rêvant de chanter à l'Olympia comme Edith Piaf. Le soir, de retour dans la petite chambre de la rue Campagne-Première, elle crayonnait quelques-uns des dessins qui vont être exposés à une centaine de mètres de là, à la Fondation Cartier pour l'art contemporain. Depuis, à chacune de ses escales parisiennes, appareil photo en bandoulière, la rockeuse new-yorkaise arpente la rue, pousse la porte du 7, le bistrot jaune du grand Dédé, et boit un jus au zinc.

POÈTE ET ROCKEUSE

A quoi pense-t-elle en ce matin lumineux de février 2008 au fond du café, les yeux cachés par ses cheveux, sans pour autant que l'acuité de son pâle regard en soit diminuée? Aux mots psalmodiés, crachés, hurlés que d'une voix haletante elle faisait claquer comme un fouet par-dessus les cassures électriques d'une Stratocaster? Aux trois accords de rock qu'elle mariait à la puissance du verbe? A la phrase de Baudelaire : "Manier savamment une langue, c'est pratiquer une espèce de sorcellerie évocatoire. C'est alors que la couleur parle, comme une voix profonde et vibrante…"? Peut-être.

C'était en 1975. Une fille brune en chemise blanche, à la silhouette androgyne surgie d'une toile de Modigliani, lançait au monde d'une voix rauque : "Jesus died for somebody's sins but not mine" ("Jésus est mort pour les péchés de quelqu'un mais pas les miens"). On l'a tout de suite aimée, cette Jeanne d'Arc du rock qui symbolisait à la fois l'énergie et le son un peu triste de New York. Elle marchait comme Dylan lorsqu'il chantait Don't Look Back. Elle avait le visage fier et arrogant de Keith Richards. Les seins d'une femme. Les hanches d'un garçon. Ambiguë. Comme Rimbaud, l'adolescent-poète, l'amant magnifique d'Une saison en enfer. Comme Bowie se prenant pour Marlene Dietrich. Ou Jagger jouant les petites gouapes sur scène.
Elle était la première fille qui chantait le rock avec la brutalité d'un mec tout en dévoilant au milieu d'un refrain des douceurs inattendues. Ses morceaux alliaient dureté et vulnérabilité. Poète et rockeuse, elle possédait cette ténacité, cette force, celle du végétal, de la houle inexorable qui, quoi qu'il arrive, poursuit sa lente avancée. Une boule d'émotion qui explosait de naïveté. Une flamme sexuelle qui brillait dans la nuit. Un soulèvement. Une insurrection. Elle n'était que désir. Et surtout mots de ce désir-là. Les épousailles entre amour fou de la littérature et passion du rock firent le reste…

LE ROCK PUR, (...) C'EST UN CONCENTRÉ DU CŒUR ET DE LA RATE

En cinq ans, de 1975 à 1979, et quatre albums (Horses, Radio Ethiopia, Easter, Wave), Patti devint le personnage féminin le plus important du rock. Elle se voyait plutôt comme une sorte de passeuse : "A la fin des années 1960 et au début des années 1970, lorsque certains de mes héros sont morts ou étaient en mauvais état – Brian Jones, Jimi Hendrix, Jim Morrison, Janis Joplin, Bob Dylan, les Stones – je redoutais que disparaisse le côté héroïque du rock. Tout ce que nous avons fait, mon groupe et moi, n'était pas motivé par le désir de devenir des stars mais par la volonté de voir d'autres énergies reprendre le flambeau. Des milliers de gens ont écrit de la poésie rock. Je suis juste un nouveau maillon de la chaîne. Il n'y a pas de vierge dans le rock."

Pour elle, le rock était un moyen de communication universelle, un lien purificateur entre les habitants de la planète qui permettait à tous de parler un seul et même langage, celui d'avant la tour de Babel… Une sorte de nouveau christianisme, sans dogme, qui allait remettre un peu d'espoir dans ce monde gris. Tout ça parce qu'une petite-fille de prolos de Deptford Township (New Jersey) entendit un soir à la radio Tutti Frutti de Little Richard : "Je devais avoir 7 ans. Je ne savais pas ce que Tutti Frutti signifiait, mais ça m'a littéralement transportée. Le rock pur, c'est un concentré des énergies de l'esprit, du cœur et de la rate. Toutes ces énergies se font chair, deviennent physiques par le son et le mouvement." Ensuite, il y eut la déflagration Rolling Stones : "Ils m'ont enflammée à leur torche. J'étais gelée, rougissante. Ce n'était pas la musique d'un petit garçon à sa maman. C'était alchimique. Je ne comprenais pas la recette, mais j'étais prête. L'amour aveugle pour mon père, c'est la première chose que j'ai sacrifiée à Mick Jagger", s'amuse-t-elle aujourd'hui dans le café de la rue Campagne-Première.


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Marie57
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MessageSujet: Re: Patti Smith   Lun 17 Mar 2008 - 14:58

Dylan, l'homme aux semelles de vent à qui Rimbaud ressemblait, Morrison, le faune en pantalon de cuir qui transforma le blues en une cérémonie métaphysique, furent également les initiateurs de cet embrasement. Oh, bien sûr, quelques amants magnifiques (le photographe Robert Mapplethorpe, l'écrivain-acteur Sam Shepard, le rock critic Lenny Kaye) contribuèrent aussi à ce que l'introvertie Patti sorte de sa chrysalide – il faut bien que le corps exulte. Mais elle, elle savait depuis toujours que ses rêves et ses cauchemars les plus fous se réaliseraient : "J'ai planifié toute ma vie lorsque j'étais petite. Je savais que j'allais traîner dans le ruisseau et je savais que j'allais faire un jour quelque chose de grand. Je n'étais pas née pour être une simple spectatrice."

En 1979 pourtant, à l'issue d'un concert à Florence, devant 70 000 personnes, elle décida de raccrocher. De nouveaux groupes comme les Sex Pistols, les Clash ou Television arrivaient. Ils représentaient le futur. Elle appartenait à la vieille garde qui leur avait ouvert la voie… A eux d'occuper la scène. Et puis elle voulait évoluer, ne plus se reposer sur sa seule spontanéité bouillonnante, reprendre le chemin des mots et de la littérature, sa première vocation. Etre Jean Genet plus que Janis Joplin. "Je suis pour l'homme, seul", disait-il. Elle appliqua la consigne. Car l'homme, elle l'avait trouvé. Il s'appelait Fred "Sonic" Smith et était le guitariste de MC5, le groupe le plus engagé et le plus bruyant du rock américain. Pendant dix ans, ils vont vivre retirés dans une maison près de Detroit, loin du cirque "sex, drug & rock'n roll" et auront deux enfants. La femme au foyer brisa le silence en 1988 pour l'album Dream of Life qui, en dépit d'un formidable People Have the Power (" Nous pouvons transformer le monde, nous pouvons inverser la révolution de la terre "), ne rencontra qu'un succès poli. Pas grave. La vraie vie était ailleurs.


LE SENS DE LA LUMIERE ET DE LA POESIE

Et puis Robert Mapplethorpe, son amour de jeunesse, mourut. Richard Sohl, son pianiste, aussi. Ainsi que Todd, son frère. Ensuite, ce fut Fred, son mari, son compagnon, son complice. Le 4 novembre 1994. A 45 ans. D'une crise cardiaque pendant une partie de golf. Le monde de Patti ne tournait plus rond. "J'avais deux enfants, des difficultés financières et je n'étais pas bien. Je n'avais ni le cœur ni l'énergie pour écrire ou dessiner. Mais comme j'avais besoin de faire quelque chose, je me suis mise à prendre des photos avec mon vieux Polaroid. Cela ne me demandait pas beaucoup d'effort et je pouvais me dire : Aujourd'hui, même si ce n'est que pour une photo, j'ai utilisé mon intelligence, ma connaissance de la lumière, mon sens de la poésie. Ce fut une façon de me rétablir, de proclamer ma confiance et cela m'a rendue heureuse. La photo a été ma rédemption…"
Elle dit cela le lendemain, en regardant à travers une immense vitre le jardin de la Fondation Cartier qui lui consacre une exposition à la fin du mois. Il y a du soleil. Elle a enlevé son manteau noir. Sa chemise indienne à fleurs laisse voir en transparence un soutien-gorge noir. Elle a 62 ans et un corps nerveux de jeune fille… C'est une Sioux sur le sentier de la guerre, une amazone sur le champ de bataille, une Bohémienne en quête de liberté. Elle ne parle pas. Elle conte. Elle ne raconte pas. Elle psalmodie. De temps en temps, elle se lève et, je vous jure, s'ébroue comme un cheval sauvage. Comme autrefois lorsqu'elle hurlait Horses : "Soudain/ Johnny/ a la sensation d'être environné de/ chevaux/ chevaux, chevaux, chevaux/ Venant dans tous les sens/ Etalons argentés éclatants de blanc/ Les naseaux tout en flammes." Les mots s'écoulent de sa voix rauque comme s'ils venaient d'un pays magique où la chose, la pensée, la phrase ne feraient qu'un. Elle désigne ses santiags en allongeant ses jambes sur le canapé.

PATTI SMITH EST UNE SURVIVANTE

"J'ai traversé le monde entier avec ces bottes. J'ai marché dans le désert africain. J'ai foulé les rues de Paris. Je les porte quand je suis sur scène. Je joue de la guitare et je chante avec elles. Je ne possède pas cinquante paires de chaussures, tout au plus quatre, mais chacune a son histoire. Pour moi, les chaussures sont aussi importantes qu'un lit où vous dormez, vous rêvez, vous faites l'amour, des enfants, vous mourez. C'est émouvant et précieux. Par exemple, j'ai photographié les pantoufles du pape Benoît XV. Elles sont belles et tristes à la fois. Il s'est opposé à la guerre de 14-18 et il a canonisé Jeanne d'Arc, que j'aime beaucoup. Quand je regarde la photo de ses pantoufles, je vois tout ça. J'ai aussi photographié les pantoufles de Robert Mapplethorpe. Il les portait quand il était mourant, des pantoufles beiges, en velours, avec ses initiales R. M. en or. Robert adorait les belles chaussures mais à la fin de sa vie, il était trop malade pour en porter. Il avait donc ces très belles pantoufles. Quand je les regarde, je le vois… J'aimerais beaucoup avoir en photo les bottes d'équitation de Thomas Jefferson, les chaussures de travail de Jackson Pollock, avec de la peinture partout dessus, ou les bottines de Charlotte Brontë. Cela n'a rien de bizarre ou de sexuel. Je ne suis pas fétichiste mais, pour moi, les chaussures racontent comment les gens se voient, se représentent."

Patti Smith est une survivante. A chaque coup du destin, elle a rebondi avec une force décuplée et en est sortie grandie. Autour d'elle, beaucoup de fantômes dansent désormais sur un accord de guitare. L'écrivain William Burroughs, qui disait d'elle : "Patti Smith fait résonner la cloche de la poésie pure" et dont elle a photographié un foulard. L'essayiste féministe Susan Sontag, la compagne de la photographe Annie Leibovitz, dont elle a pris un cliché de la tombe. Jimi Hendrix qui lui apparaît souvent en rêve : "Une fois, j'ai vu une aura autour de son corps, comme s'il était une lumière ou un corps céleste. Il m'a semblé qu'il était un néon, un néon violet. Du coup, j'ai écrit dans une chanson [Kimberly] : violent violet . Hendrix, je le sens comme s'il était encore dans le coin…" Tous ces gens sont encore là. Elle les visite. Virginia Woolf, par exemple, en ramassant au bord de la rivière où la romancière se noya une des pierres dont elle avait empli ses poches pour mieux couler. Il ne s'agit pas de morbidité, juste une façon d'honorer leur mémoire.

Et puis, il y a les rencontres. "Voici deux ans, je donnais un concert dans le Kent. Je sors de la scène et, vous savez, vous avez tellement d'adrénaline quand vous descendez de scène que vous pouvez à peine voir, que vous avez comme de la transpiration dans les yeux, en plus je n'avais pas mes lunettes, donc j'étais là, je me tenais devant un long couloir, et j'ai senti une énergie s'approcher, une lumière. C'était presque un conte de fée. Il faisait noir. J'étais paralysée. L'énergie venait vers moi. Elle s'est arrêtée juste à ma hauteur. La lumière a fait comme ça, pschitt. Et a dit : Patti, c'est Jeanne Moreau … J'ai bredouillé comme une adolescente : Ah, oh, mon Dieu, c'est trop bien de vous rencontrer, mademoiselle, je vous aime tant. Je ne la voyais pas, mais je ressentais son magnétisme, son énergie… Jeanne Moreau est mon actrice préférée. Je l'ai toujours aimée. Et elle venait me saluer. J'ai cru que j'allais mourir."
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Marie57
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MessageSujet: Re: Patti Smith   Lun 17 Mar 2008 - 15:03

RACONTER LE MONDE

Aujourd'hui, même si elle enregistre régulièrement des albums d'excellente facture où elle ré-explore sa propre légende et donne des concerts toujours autant convulsifs, Patti Smith imagine plus son avenir dans la littérature que dans le rock. Après tout le rock n'a jamais été pour elle qu'un média pour transmettre sa rage de vivre, sa passion des mots et donner aux autres l'envie de créer eux aussi. Du coup, elle écrit des nouvelles, peint, dessine et photographie. "Quand j'étais petite, je voulais être écrivain, ce qui demeure, dans mon esprit, ma vocation principale. A l'âge de 8 ans, ma mère m'a donné Chants d'innocence de William Blake, un recueil de poèmes accompagnés de dessins. Cela m'a fascinée et je me suis mise à écrire de petites histoires illustrées par de petits dessins. Puis je n'ai plus que dessiné. A un moment, j'en ai eu assez de ne regarder que d'une façon statique le monde, je voulais le raconter et je me suis mise à lire de la poésie en public, mais cela manquait d'énergie. Mon ami Lenny Kaye a eu l'idée de greffer une guitare électrique sur ces mots. Du coup, c'est devenu de la performance et du rock and roll. Mais pour moi, il s'agit de la même chose, de mes impulsions, de mon désir de communiquer… Maintenant, j'ai besoin d'avoir des moments où je ne suis pas concernée par le monde, où je suis juste connectée avec moi-même et non pas à la Patti attachée à ses responsabilités, à sa famille, à son groupe, des moments où je me fais plaisir. C'est ce que les photos m'apportent. Donc, dans un sens, les photos sont sans doute ma part la plus personnelle."
A ce moment-là, elle m'attrape par le bras et, à longues enjambées, m'amène dans un bureau de l'immeuble en verre de la Fondation Cartier. Elle ferme la porte. Ses longues mains blanches et fines compulsent une pile de polaroids. Elle en extirpe un. "C'est mon fils. Il est seul dans sa chambre, et son père lui manque beaucoup, son père est mort quand il avait 12 ans, il a un énorme tatouage de son père sur le bras. J'allais partir au boulot, j'avais mon appareil, d'habitude, il déteste qu'on le prenne en photo, mais là il m'a laissé faire, il était assis, je savais qu'il pensait à son père et à sa vie. Il m'a offert ce moment et quand je regarde la photo, je sais que j'ai réussi à capturer toute cette émotion. Voilà ce que j'essaie maintenant de capter, l'émotion. Qu'il s'agisse de celle émanant du bureau de Victor Hugo ou de la machine à écrire d'Hermann Hesse…"
Elle a ébouriffé ses cheveux. Pour cacher son regard. Et les mots ont continué à fuser de sa bouche. Qui êtes-vous aujourd'hui, Patti? Une rockeuse qui écrit? Une peintre qui photographie? Une musicienne qui dessine? "De toute ma vie, j'ai désiré deux choses, être un écrivain ou un peintre. Je n'ai jamais voulu monter sur scène ou prendre des photos. Pourtant, ce sont les choses que j'effectue le plus aujourd'hui. C'est amusant." Et être une femme, Patti? "Mon sexe n'est pas un facteur majeur. Quand je suis sur scène, je ne me vois pas comme une artiste femme. Quand Picasso peignait, il ne pensait pas : Je suis un homme artiste mais Je suis un artiste . Il y a certes dans mon travail des qualités féminines, mais je le mène en tant que personne libre, sans m'ennuyer avec mon sexe. Je ne me sens pas honteuse d'être une femme mais je ne me sens pas plus importante parce que je suis une femme, c'est juste mon sexe. J'aime qu'on écoute ou regarde mon travail pour ce qu'il est et pas en se disant, que, bon, oui, c'est très bien pour une femme." Sans doute. Mais le regard des hommes, Patti? Ces images prises par Robert Mapplethorpe dans un studio de Manhattan, où vous êtes nue contre un radiateur… La pochette d'Horses, en chemise blanche et cravate noire, George Sand au pays du rock qui, du jour au lendemain, vous a transformée en icône… Cette façon si explicite de hurler Because the Night, sur une musique piquée à Bruce Springsteen pour raconter la folie des amants maudits… Ah, Patti. Si vous saviez.
Il y a eu un silence. Long. Très doux. Elle a ajouté qu'elle était heureuse, oui, heureuse d'avoir réussi cela, même si elle ne comprenait pas très bien pourquoi. Personne ne remplacerait jamais Fred, son mari, Todd, son frère, Robert, son ami, mais ils étaient là, quelque part. Certes, elle ressentait parfois une immense solitude. Mais il ne s'agissait que de ce couloir sombre par lequel passent les artistes car ils doivent descendre tellement profondément en eux pour en sortir quelque chose que, forcément, ils se retrouvent seuls. Il n'y a rien à faire contre ça. Si ce n'est de continuer à livrer bataille avec soi-même… Le jour où elle n'aura plus ce courage, elle ira à Tanger. Avec quelques livres, un ampli et une guitare électrique. Nous y serons aussi, Patti. Yann Plougastel

http://www.lemonde.fr/le-monde-2/article/2008/03/06/les-fantomes-de-patti-smith_1018870_1004868.html


Fondation Cartier pour l'art contemporain:

http://fondation.cartier.com/main.php?lang=1&small=0

Ah, heureux Parisiens! La programmation des soirées nomades de Patti Smith me fait regretter de n'être pas parisienne….

L'univers artistique de Patti Smith comprend de multiples facettes qui vont de la photographie à la peinture et à la poésie. "Land 250", organisée par la Fondation Cartier, est la première exposition qui permettra de découvrir l'intégralité de cette œuvre foisonnante, intense et lyrique. On y apercevra quelques-unes des photos qu'elle prend depuis 1967 : le lit de Virginia Woolf, les couverts d'Arthur Rimbaud, le foulard de William Burroughs… Ainsi qu'une sélection de dessins, dont plusieurs appartiennent aux collections du MoMa de New York ou au Centre Pompidou de Paris. On y verra également des films réalisés par des amis proches, comme Robert Frank et Robert Mapplethorpe. Chaque soir, la Fondation a donné carte blanche à Patti Smith pour animer, pendant la durée de l'exposition, des "Soirées nomades" où elle chantera seule ou accompagnée de son groupe et se prêtera à des lectures informelles de poésie. Outre le catalogue de l'exposition, un coffret de trois ouvrages annotés de textes de Patti (le premier sur des photographies de sculptures, le second sur Rimbaud, le troisième sur des notes personnelles) viendra compléter cet événement.

http://www.lemonde.fr/le-monde-2/article/2008/03/06/l-univers-artistique-de-patti-smith_1018869_1004868.html
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MessageSujet: Re: Patti Smith   Lun 17 Mar 2008 - 15:05

ado, on m'avait offert un 33 tours d'elle avec une couverture très dévêtue, avec la taille des pochettes 33tours, je le mettais toujours entre d'autres quand j'allais chez des copines, avec celui des Stones avec une braguette....

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le bonheur c'est d'arriver à désirer ce qu'on a déjà.
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MessageSujet: Re: Patti Smith   Lun 17 Mar 2008 - 15:14



Son Myspace:

http://www.myspace.com/pattismith

http://www.youtube.com/watch?v=M_ciiCyxOJA&feature=related

Deux concerts de Patti Smith, que je vous avais déjà mis en ligne, il y a quelques mois…

http://www.kcrw.com/music/programs/mb/mb040907patti_smith/media_player_archives?action=watch

http://www.kcrw.com/music/programs/mb/mb000414patti_smith/media_player_archives?action=listen

Patti Smith présente la vie de Bob Dylan.


Dix podcasts officiels sur la vie et la carrière de Bob Dylan, présentés par Patti Smith, ont été mis en ligne, sur les 20 épisodes tournés, formant un ensemble de 2 heures de documentaire.
Le dixième épisode posté retrace la fin des années 70 et la période de "renaissance".
Patti Smith présente chaque épisode, qui contient aussi des extraits d’interviews de Dylan et des contributions des musiciens, comme Roger Mc Guinn et Garth Hudson, ainsi que l’auteur Greil Marcus.

http://ax.phobos.apple.com.edgesuite.net/WebObjects/MZStore.woa/wa/browserRedirect?url=itms%253A%252F%252Fax.phobos.apple.com.edgesuite.net%252FWebObjects%252FMZStore.woa%252Fwa%252FviewPodcast%253Fid%253D265861561
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Marie57
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MessageSujet: Re: Patti Smith   Lun 17 Mar 2008 - 15:18

Un dernier document…pour aujourd'hui…

Patti, poètesse et fan de Rimbaud:

Rimbaud occupe une place si importante dans son coeur, qu'elle compte consacrer à Charleville, un livre d'une vingtaine de photographies qu'elle a prises en octobre 1973, lors d'un premier séjour. Un écrivain américain qui s'y est installé, rapporte qu'elle avait escaladé le mur du cimetière et brûlé de l'encens sur la tombe du poète avant de se mettre à chanter. Cette vénération lui a même valu de passer la nuit au commissariat. La rock star qui a débuté son dernier concert à l'Olympia (Paris) en lisant un texte de Rimbaud, vient de rendre public "son plus précieux souvenir": un croquis de son dieu illustrant sa jeunesse révoltée, qu'elle gardait secrétement depuis vingt trois ans.
Puisant dans la poésie des raisons d'espérer aprés les disparitions successivent de Robert Mapplethorpe son premier amour, son mari Fred Smith et son frére Todd, Patti envisage maintenant son avenir davantage dans la littérature.



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Britanya
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MessageSujet: Re: Patti Smith   Mar 18 Mar 2008 - 12:37

Je crois que ça t'intéressera peut être, Denis...Bob? Tu vois lequel? Rolling Eyes

...heureux parisiens, oui mais c'est jusqu'au 22juin ...merci pour cette annonce, Marie 57 Wink

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tacha
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MessageSujet: Re: Patti Smith   Mer 19 Mar 2008 - 17:56

Beneath the Southern Cross.....

enregistré en 1997
sur l'album Gone Again
Avec,à l'époque sur la version studio, Jeff Buckley......



_________________
"I saw the best minds of my generation destroyed by madness..." Allen Ginsberg - Howl
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Marie57
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MessageSujet: Re: Patti Smith   Mar 25 Mar 2008 - 17:22

Un petit coucou rapide ( avant de repartir travailler ) pour vous signaler ce soir à 23h00 sur ARTE "Patti Smith : Dream of Life" un film de Steven Sebring



Programmé à l’occasion de l’exposition qui lui est consacrée à la Fondation Cartier , ce long métrage, primé au dernier festival de Sundance, donne à découvrir la vie rêvée de Patti Smith. La seule qui vaille…

De voyages en concerts, en coulisses ou chez elle, Steven Sebring a suivi Patti Smith dans son intimité pendant onze ans. Plus qu'un portrait, son documentaire ouvre une large fenêtre sur l'univers familier et artistique d'une des plus grandes figures du rock.

http://www.arte.tv/fr/art-musique/DOS-Patti-Smith/Dream-of-Life---Le-film/1968938.html

Marie-Jo wavey
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