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 BASHUNG

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AuteurMessage
chantal
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Nombre de messages : 346
Date d'inscription : 21/12/2007

MessageSujet: Re: BASHUNG   Sam 4 Avr 2009 - 13:55

I was here Wink
merci Fanfan!

C'est étrange la résonnance que prennent parfois certaines chansons,", Nous sommes immortels... je me tue à te dire qu'on ne va pas mourir...." Souhaitons nous une bonne année souriait l'ami Bashung aux Victoires de la musique, mais les artistes ne meurent jamais vraiment et longtemps longtemps après.......leus chansons courent encore dans les rues, dans nos têtes et dans nos coeurs.

Dominique A est un poète aussi, un peu sombre parfois, avec des textes qui collent aux bleus de l'âme.
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lalou
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Nombre de messages : 110
Date d'inscription : 27/01/2009

MessageSujet: Re: BASHUNG   Dim 20 Sep 2009 - 10:42

Alain Bashung, le dandy-rock par YVES SIMON

Ce fut un coup de massue cette nouvelle de sa disparition. Je m’en trouvai hébété, ne pouvant prononcer un mot, abruti d’une mélancolie que nul ne pouvait imaginer. Pourtant sa mort annoncée depuis deux ans planait au-dessus de nos têtes, striant le ciel de son augure funeste. Mais qui pouvait croire à un événement contre-nature et pour tout dire surnaturel? Car les poètes sont éternels n’est-ce pas, ou alors, ils meurent de jeunesse, de folie ou sous les balles des fusils. Il allait de soi qu’Alain Bashung, prince du rock et des « fusées », ne pouvait s’en tenir aux injonctions du crabe. Pour ces mystérieuses évidences, lorsque je le vis radieux aux Victoires de la musique, transfiguré, je pensai que la dose d’amour que venait de lui inoculer un public ardent lui donnerait force et énergie pour tenir quelques lustres encore. Dose ou overdose d’amour ? Comment alors résister à la ferveur d’un peuple, ne pas s’y enrouler, s’en protéger et ne pas basculer dans l’oubli de soi ? A son stade, ce fut mortel.
Je le vis pour la dernière fois en octobre dernier, nous nous étions retrouvés au restaurant « La Méditerranée » à côté de l’Odéon. Il arriva accompagné d’Olivier Caillart, notre « boss » et ami commun chez Barclay. Je dois dire qu’il me fut triste de le voir ainsi amaigri, son chapeau sur un crâne glabre, ses oreilles qui ressortaient. Pourtant nous avons ri, il n’évoqua que la vie, que ses concerts et un futur disque à venir. Au plus vite. Gourmand et avide de l’existence, comme à son habitude, il parla lentement, déroulant ses mots comme à la lenteur d’un confessant. A sa demande, nous sommes partis à la fin du déjeuner fumer une cigarette à l’extérieur ! Il faisait doux. Comme en apesanteur, Alain, léger et aérien, semblait planer. Nous avons évoqué nos débuts en 1968 lorsque nous avions décroché une tournée de trente concerts en Belgique. Le premier soir, à Charleroi, il y eut si peu de gens, une vingtaine de personnes, que l’organisateur, déconfit, nous entraîna après nos concerts dans un café. Il était minuit. A brûle pourpoint, il nous demanda nos contrats et, une fois entre ses mains, les déchira devant nos yeux médusés : « Voilà, il n’y a plus de tournée, vous rentrez par le premier train pour Paris ». C’était en février 68, il neigeait, il faisait froid partout, dans les rues, dans nos cœurs. L’homme nous déposa à la gare de Charleroi. Là, serrés l’un contre l’autre comme deux êtres perdus, on a passé la nuit enfouis dans nos manteaux d’hiver. Nous nous sommes ainsi endormis l’un contre l’autre, tenant contre nous nos précieuses guitares comme s’il s’agissait d’enfants. Nous avions 23 ans, nos tout premiers disques venaient de sortir et l’avenir s’annonçait plutôt maussade puisque nous avions dû en vendre 1500 chacun. Tout au plus. La gloire n’était pas au rendez-vous…
J’ai longuement raconté cette histoire lors de mon Olympia du 12 mars 2008 juste avant de chanter « Les embruns de la jeunesse ». Je trouvais que c’était l’introduction idéale pour montrer comment, malgré les rêves, les débuts des artistes, même plus tard devenus célèbres, sont parfois calamiteux.
Cette nuit-là nous avons rêvé ensemble, nous avons espéré ensemble.
Alain fut un prince de la musique et des mots. Lui qui parlait si peu, qui ne finissait presque jamais ses phrases, avait un goût sans limites pour les mots. Une exigence absolue pour la perfection. Il menait chaque projet vers l’excellence et surtout avec la manière : l’élégance. Perfection pour les mots, pour la musique, perfection pour la production des sons, il emmenait ses chansons sur les sommets sombres et glacés du beau et de l’émotion.
Anecdote :
Il y a quelques années nous faisions avec lui, Frédéric Dard et moi une émission de « La marche du siècle » intitulée « Les Mecs plus ultra ».Jean-Marie Cavada, l’animateur, nous posa alors cette question : « Qu’avez-vous répondu lorsqu’une femme pour la première fois vous a dit : je suis enceinte ». Dard et moi répondîmes en premier, vint le tour d’Alain et il dit ceci : « On était dans la salle de bain lorsqu’elle m’a murmuré je suis enceinte. Alors j’ai dit : Passe-moi le savon. » Voilà, c’était sa manière de résumer, de façon dérisoire, l’intensité d’un instant essentiel.
En fait ce qui fait le plus mal aujourd’hui c’est de devoir se résoudre à penser qu’il n’y aura pas de prochain Bashung. Que Barclay, notre maison de disques, ne préparera plus avec ferveur sa nouvelle pochette, ne le choiera plus de ses tendresses pour l’aider à mener à bien les magnifiques effervescences de son cerveau. Alors nous devrons rester démunis, hagards par l’absence de ses mots, de son phrasé, des musiques sophistiquées qui l’habitaient.
Le dandy-rock s’est enfui haut très haut, dans une fusée qui l’épingle au ciel… Alors, ses paroles, sa voix, ses guitares continueront à hanter « longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu », nos mémoires orphelines.
Yves Simon.
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Swinging
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MessageSujet: Re: BASHUNG   Dim 20 Sep 2009 - 21:45

il y a une bonne bio de Bashung qui vient de sortir, issue des entretiens de Marc Besse avec Bashung avec en prime une excellente préface de Jean Fauque


dommage la nouvelle édition de monsieur rêve a vu la disparition de textes, faudra attendre l'intégrale à paraitre bientôt pour les fans...

_________________
le bonheur c'est d'arriver à désirer ce qu'on a déjà.
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denis
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Date d'inscription : 26/01/2007

MessageSujet: Re: BASHUNG   Dim 20 Sep 2009 - 22:56

effectivement, j'ai l'impression que mon yves adoré fait toutes les nécro....
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Mimi
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Date d'inscription : 10/06/2005

MessageSujet: Re: BASHUNG   Lun 19 Oct 2009 - 2:09

une pensée pour Bashung dans mes divagations musicales...
j'aime Bashung pour le personnage qu'il a été, pour certaines de ces chansons qui me sont miennes... et plus particulièrement celle-ci, maintes fois citée, mais surtout parce qu'elle évoque beaucoup de souvenirs agréables perso...
J'aime ce "refrain" lancinant... inéluctable... et perturbant...