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 BASHUNG

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chantal
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Date d'inscription : 21/12/2007

MessageSujet: Re: BASHUNG   Sam 4 Avr 2009 - 13:55

I was here Wink
merci Fanfan!

C'est étrange la résonnance que prennent parfois certaines chansons,", Nous sommes immortels... je me tue à te dire qu'on ne va pas mourir...." Souhaitons nous une bonne année souriait l'ami Bashung aux Victoires de la musique, mais les artistes ne meurent jamais vraiment et longtemps longtemps après.......leus chansons courent encore dans les rues, dans nos têtes et dans nos coeurs.

Dominique A est un poète aussi, un peu sombre parfois, avec des textes qui collent aux bleus de l'âme.
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lalou
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Date d'inscription : 27/01/2009

MessageSujet: Re: BASHUNG   Dim 20 Sep 2009 - 10:42

Alain Bashung, le dandy-rock par YVES SIMON

Ce fut un coup de massue cette nouvelle de sa disparition. Je m’en trouvai hébété, ne pouvant prononcer un mot, abruti d’une mélancolie que nul ne pouvait imaginer. Pourtant sa mort annoncée depuis deux ans planait au-dessus de nos têtes, striant le ciel de son augure funeste. Mais qui pouvait croire à un événement contre-nature et pour tout dire surnaturel? Car les poètes sont éternels n’est-ce pas, ou alors, ils meurent de jeunesse, de folie ou sous les balles des fusils. Il allait de soi qu’Alain Bashung, prince du rock et des « fusées », ne pouvait s’en tenir aux injonctions du crabe. Pour ces mystérieuses évidences, lorsque je le vis radieux aux Victoires de la musique, transfiguré, je pensai que la dose d’amour que venait de lui inoculer un public ardent lui donnerait force et énergie pour tenir quelques lustres encore. Dose ou overdose d’amour ? Comment alors résister à la ferveur d’un peuple, ne pas s’y enrouler, s’en protéger et ne pas basculer dans l’oubli de soi ? A son stade, ce fut mortel.
Je le vis pour la dernière fois en octobre dernier, nous nous étions retrouvés au restaurant « La Méditerranée » à côté de l’Odéon. Il arriva accompagné d’Olivier Caillart, notre « boss » et ami commun chez Barclay. Je dois dire qu’il me fut triste de le voir ainsi amaigri, son chapeau sur un crâne glabre, ses oreilles qui ressortaient. Pourtant nous avons ri, il n’évoqua que la vie, que ses concerts et un futur disque à venir. Au plus vite. Gourmand et avide de l’existence, comme à son habitude, il parla lentement, déroulant ses mots comme à la lenteur d’un confessant. A sa demande, nous sommes partis à la fin du déjeuner fumer une cigarette à l’extérieur ! Il faisait doux. Comme en apesanteur, Alain, léger et aérien, semblait planer. Nous avons évoqué nos débuts en 1968 lorsque nous avions décroché une tournée de trente concerts en Belgique. Le premier soir, à Charleroi, il y eut si peu de gens, une vingtaine de personnes, que l’organisateur, déconfit, nous entraîna après nos concerts dans un café. Il était minuit. A brûle pourpoint, il nous demanda nos contrats et, une fois entre ses mains, les déchira devant nos yeux médusés : « Voilà, il n’y a plus de tournée, vous rentrez par le premier train pour Paris ». C’était en février 68, il neigeait, il faisait froid partout, dans les rues, dans nos cœurs. L’homme nous déposa à la gare de Charleroi. Là, serrés l’un contre l’autre comme deux êtres perdus, on a passé la nuit enfouis dans nos manteaux d’hiver. Nous nous sommes ainsi endormis l’un contre l’autre, tenant contre nous nos précieuses guitares comme s’il s’agissait d’enfants. Nous avions 23 ans, nos tout premiers disques venaient de sortir et l’avenir s’annonçait plutôt maussade puisque nous avions dû en vendre 1500 chacun. Tout au plus. La gloire n’était pas au rendez-vous…
J’ai longuement raconté cette histoire lors de mon Olympia du 12 mars 2008 juste avant de chanter « Les embruns de la jeunesse ». Je trouvais que c’était l’introduction idéale pour montrer comment, malgré les rêves, les débuts des artistes, même plus tard devenus célèbres, sont parfois calamiteux.
Cette nuit-là nous avons rêvé ensemble, nous avons espéré ensemble.
Alain fut un prince de la musique et des mots. Lui qui parlait si peu, qui ne finissait presque jamais ses phrases, avait un goût sans limites pour les mots. Une exigence absolue pour la perfection. Il menait chaque projet vers l’excellence et surtout avec la manière : l’élégance. Perfection pour les mots, pour la musique, perfection pour la production des sons, il emmenait ses chansons sur les sommets sombres et glacés du beau et de l’émotion.
Anecdote :
Il y a quelques années nous faisions avec lui, Frédéric Dard et moi une émission de « La marche du siècle » intitulée « Les Mecs plus ultra ».Jean-Marie Cavada, l’animateur, nous posa alors cette question : « Qu’avez-vous répondu lorsqu’une femme pour la première fois vous a dit : je suis enceinte ». Dard et moi répondîmes en premier, vint le tour d’Alain et il dit ceci : « On était dans la salle de bain lorsqu’elle m’a murmuré je suis enceinte. Alors j’ai dit : Passe-moi le savon. » Voilà, c’était sa manière de résumer, de façon dérisoire, l’intensité d’un instant essentiel.
En fait ce qui fait le plus mal aujourd’hui c’est de devoir se résoudre à penser qu’il n’y aura pas de prochain Bashung. Que Barclay, notre maison de disques, ne préparera plus avec ferveur sa nouvelle pochette, ne le choiera plus de ses tendresses pour l’aider à mener à bien les magnifiques effervescences de son cerveau. Alors nous devrons rester démunis, hagards par l’absence de ses mots, de son phrasé, des musiques sophistiquées qui l’habitaient.
Le dandy-rock s’est enfui haut très haut, dans une fusée qui l’épingle au ciel… Alors, ses paroles, sa voix, ses guitares continueront à hanter « longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu », nos mémoires orphelines.
Yves Simon.
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Swinging
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MessageSujet: Re: BASHUNG   Dim 20 Sep 2009 - 21:45

il y a une bonne bio de Bashung qui vient de sortir, issue des entretiens de Marc Besse avec Bashung avec en prime une excellente préface de Jean Fauque


dommage la nouvelle édition de monsieur rêve a vu la disparition de textes, faudra attendre l'intégrale à paraitre bientôt pour les fans...

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denis
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MessageSujet: Re: BASHUNG   Dim 20 Sep 2009 - 22:56

effectivement, j'ai l'impression que mon yves adoré fait toutes les nécro....
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Mimi
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MessageSujet: Re: BASHUNG   Lun 19 Oct 2009 - 2:09

une pensée pour Bashung dans mes divagations musicales...
j'aime Bashung pour le personnage qu'il a été, pour certaines de ces chansons qui me sont miennes... et plus particulièrement celle-ci, maintes fois citée, mais surtout parce qu'elle évoque beaucoup de souvenirs agréables perso...
J'aime ce "refrain" lancinant... inéluctable... et perturbant...



bounce désolée Swing, j'ai vu ta vidéo sur youtube, mais le son n'est pas top Rolling Eyes

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Swinging
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MessageSujet: Re: BASHUNG   Lun 19 Oct 2009 - 7:58

ii est même carrément mauvais, tu fais bien, c'était un témoignage rapido, la vidéo que tu as choisie est en plus tirée de la tournée des grands espaces, tournée qui lui a donné après l'imprudence, l'envie de renouer avec la chanson plus simple et le public.
On va être gâté cet automne pour Bashung, disparition et bizeness obligent, on va avoir droit

-une intégrale nouvelle moûture avec des inédits
-un double CD des dimanches à l'Elysée de l'automne 2008
-un DVD de l'Olympia de Juin 2008

et du coup tout ceux qui ont raté les trains Bashung quand ils traversaient leurs plaines vont se ruer pour essayer de retenir le temps qui passe.

Nous sommes dans un vieux pays qui marche en arrière, très occupé à hommager les morts et les mourants et qui oublie les vivants.

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Britanya
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MessageSujet: Re: BASHUNG   Mar 20 Oct 2009 - 12:10

Mimi a écrit:
...



Que vous évoque cette chanson exactement? mentir? se mentir? se noyer dans la nuit où tous les mensonges sont possibles? oublier l'amour déçu? Les textes de Bashung me sont bien mystérieux...

J'ai dans les bottes des montagnes de questions où subsiste encore ton égo...

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MessageSujet: Re: BASHUNG   Mar 20 Oct 2009 - 23:48

Bashung avait le coup avec ses auteurs pour nous tricoter des chansons qui ne soient pas univoques, selon le moment on peut y trouver pas mal de choses, je crois que c'est le propre du bon livre, de la bonne chanson ou de la bonne poésie, comme un petit vampire elle se nourrit de nos émotions et de nos vies pour faire la sienne.
Il est parfois amusant de voir ce qu'en disent les auteurs en l'occurrence Bashung en a parlé dans une interview

interviewer C'est une allusion directe au Silence de la mer, le livre de Vercors qui raconte un huis clos autour de l'occupation ; ce texte a été rédigé pendant la seconde guerre mondiale. Un français né dans les années 70 reconnaît encore dans le signifiant "Vercors" l'énoncé du maquis, des résistants.
A.B : C'est une conversation entre un officier allemand et une jeune femme, il y a aussi un homme qui habite là depuis toujours. Sa maison est réquisitionnée. L'officier essaie de leur expliquer que les Allemands ne sont pas totalement méchants. Le vieil homme ne parlait quasiment pas ; c'était un grand-père, qui peut-être avait fait la guerre de 14, qu'il n'avait toujours pas digérée, mais la fille voyait les choses différemment, elle était à deux doigts d'aller vers les Allemands.


t. : Le Silence de la mer était paru aux éditions de Minuit clandestines... La chanson est construite sur une ellipse, à partir du souvenir du Silence de la mer. Elle dit "La nuit je mens, je m'en lave les mains".

A.B : Tout cela n'est pas explicite dans la chanson, moi j'ai aussi lu "ver" et "corps" par exemple... Je raconte encore une autre histoire simultanément : comment je jouais à séduire une jeune fille par amusement, pour la bluffer un peu, lui faire croire que j'étais un héros. Bien sûr, je suis né après guerre, mais on ne sait plus toujours très bien à quoi correspondent les dates. On est donc partis de cette idée, avec le second sens qui est évidemment de savoir comment je me serais comporté, si j'aurais trahi mon voisin pour quelques oeufs. Quand j'étais en Alsace, je voyais plein de vieux qui ne parlaient pas, qui ne pouvaient plus prononcer de mots. C'était une espèce de silence compact. Ce qui est arrivé était tellement monstrueux, ils ne pouvaient plus revenir là-dessus. On comprend mieux un type qui reste dans son coin toute la journée dans ces conditions. Je pensais à tout cela pour "La nuit je mens". Je n'étais pas d'une époque qui pouvait revivre ça, je sentais pourtant des histoires récurrentes, le Front National par exemple, et je pensais que l'on pouvait très bien retomber dans des choses abominables. Ensuite est revenue l'histoire de ce garçon qui se vante d'avoir fait plein de trucs qui ne sont pas vrais. C'est pervers, parce qu'en plus je dis franchement que je mens, j'envoie un message qui sera reçu comme il sera reçu. Ce qui est important c'est le fantasme qui déclenche, le détonateur. Il y a plein d'histoires derrière les chansons, mais la réalisation finale n'évoque pas forcément avec clarté le fantasme du début.

voilà pour ce soir, prochaine séance la génèse de "Madame rêve"

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chantal
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MessageSujet: Re: BASHUNG   Mer 21 Oct 2009 - 0:33

Surtout pas! il faut laisser aux mots et aux musiques qui les portent cette petite magie qui nous donne de l'émotion, et que çà rezceommence à chaque fois....

Pour parler de Bashung ou plutôt non pour le chanter, j'ai découvert hier soir un jeune qui l'a formidablement interprété au milieu de ses oeuvres personnelles, un petit hommage sans trop de tralala, mais une interprétation que n'aurait pas démenti son auteur......et puis c'etait 2043 et ce n'est pas le morceau le plus repris.....Et puis une voix étrange qui accroche et conte, un peu pareil, et un grand talent musical, sous sa tignasse bouclée...
Bref Babx, avant m^me qu'il n'annonce cette reprise de Bashung, je pensais qu'il était un peu de la même famille musicale.....
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Swinging
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MessageSujet: Re: BASHUNG   Dim 27 Juin 2010 - 1:09

une série d'émissions portrait sur Bashung, le dimanche sur inter le samedi sur la RTBF et la RSR

http://www.rtbf.be/lapremiere/article_alain-bashung-de-l-aube-a-l-aube-reecoutez?id=227943

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